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  Histoire de la bibliothèque
En 1965, un groupe de citoyens intéressés de Côte Saint-Luc s’est réuni pour réclamer une bibliothèque publique dans le secteur. Suite au rapport du groupe, le conseil municipal de CSL a embauché la bibliothécaire Eleanor London, en lui confiant le mandat de démarrer une bibliothèque selon la vision qu’elle s’en faisait.

Avec un budget de livres de 17 000 $, 4 322 pieds carrés de plancher, 3 000 livres, six employés et le rêve de devenir le centre culturel, éducatif et communautaire de Côte Saint-Luc, la bibliothèque ouvrait enfin ses portes en 1966. Les citoyens ont obtenu plus que ce à quoi ils s’attendaient : quelques crayons, un téléphone et un bureau ont fini par devenir l’une des bibliothèques les plus novatrices et les mieux équipées de toute l’île de Montréal.

Dans ses locaux « temporaires » au deuxième étage du centre commercial fort achalandé et bruyant de Côte Saint-Luc, la bibliothèque était déjà très différente des autres de bien des façons. Dès 1969, elle détenait (et détient toujours) la palme des heures d’ouvertures les plus longues de toutes les bibliothèques du pays (de 10 h 00 à 22 h 00, tous les jours). Les abonnés avaient le droit de parler sans chuchoter, de s’asseoir par terre, et même de faire jouer des 33 tours. C’était une bibliothèque « du peuple » dans tous les sens, bien en avance sur son temps.

En 1970, avec des livres sur les rebords des fenêtres, la bibliothèque débordait de partout. À 8 000 pieds carrés elle avait doublé de superficie à force de graduellement reprendre des espaces de bureaux vacants situés au deuxième étage jusqu’à ce qu’il n’en reste plus du tout. Entre-temps, la bibliothèque débordait d’activités et s’est mise à présenter des séries de films jeunesses, des heures du conte au parc et un tout nouveau programme pour les personnes confinées à la maison.

La bibliothèque de Côte Saint-Luc offrait une vaste gamme de services et d’activités vers la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt dont des références téléphoniques, des ateliers d’écriture autobiographique, la fabrication de marionnettes, et des concerts folk. Elle avait aussi la plus vaste collection de bottins téléphoniques internationaux à Montréal et, à cet égard, servait essentiellement de succursale à Bell Canada. Avec un tel foisonnement d’innovations et de croissance, l’expansion devenait inévitable.

Jusqu’en 1978, l’abonnement à la bibliothèque était gratuit pour tous. Un budget serré a été à l’origine de frais de 20 $ pour les non-résidants, provoquant une vive réaction du public et divisant le conseil municipal. En 1982, les nouveaux abonnements étaient restreints aux résidants de Côte Saint-Luc et cette décision a prévalu jusqu’aux fusions municipales en 2002.

La bibliothécaire en chef, Eleanor London, a élaboré un rapport exhaustif en 1980 précisant sa vision d’une nouvelle installation. Des plans ont été conçus et la construction d’un complexe de bibliothèque/hôtel de ville d’une valeur de plusieurs millions de dollars a débuté en 1985 sur le boulevard Cavendish pour être complétée le 11 juillet 1986 jour où la nouvelle bibliothèque a ouvert ses portes. Quelques mois plus tard en septembre, la célébration d’ouverture officielle a causé tout un émoi dans le secteur et des centaines de citoyens de Côte Saint-Luc se sont réunis sous un ciel radieux pour assister à la cérémonie d’inauguration.

À 23 000 pieds carrés, la superficie avait presque triplé mais il s’agissait de bien davantage que simplement de l’espace. C’est à ce moment que prenait naissance le service audiovisuel de la bibliothèque, avec des vidéos et des audiocassettes (et bientôt des DCs) qui venaient se rajouter à la collection. Pour la première fois, on proposait de visionner des films individuellement. Un autre aspect important de l’immeuble était la salle de concert assez grande pour y tenir des événements d’envergure. Un luxuriant jardin extérieur servait aussi de lieu pour des concerts extérieurs mémorables.

Vers la fin des années quatre-vingt, deux des superbes lieux de la bibliothèque ont été nommés en l’honneur de personnes ayant contribué quelque chose à la vie des résidants. En 1987, une salle a été nommée en l’honneur du regretté ancien conseiller municipal William E. Kesler. Deux ans plus tard, le musée d’histoire naturelle était officiellement dédié à Nat Levine, qui a fait don de la remarquable collection de coquillages et de papillons qui s’y trouve.

Au cours des années quatre-vingt-dix, la bibliothèque de Côte Saint-Luc a suivi les tendances technologiques en faisant des mises à jour de ses ordinateurs à l’aide de toute une série de logiciels et en offrant l’accès Internet aux abonnés, en 1997. Le premier site Web de la bibliothèque dont la construction a débuté quelques années auparavant, a aussi été lancé faisant de notre bibliothèque l’une des rares bibliothèques de Montréal à en avoir un (certaines bibliothèques n’en ont toujours pas, en 2006!).

Au cours de la première semaine de 1998, la ville a été frappée par une tempête de verglas qui a tout fermé—tout, sauf la bibliothèque. Grâce à un groupe électrogène et une désignation de « service essentiel », elle a servi de refuge pour les résidants et est restée ouverte pendant toute la durée de la tempête.

En 2001, les résidants de Côte Saint-Luc étaient sollicités par les débats entourant la mégaville de Montréal et craignaient pour leur indépendance et pour leur bibliothèque dont l’abonnement serait de nouveau offert à tous les résidants de l’île. Cet automne-là, la bibliothèque bien aimée était officiellement baptisée du nom de bibliothèque publique Eleanor London de Côte Saint-Luc en honneur de la femme qui l’avait mise sur pied et avait été sa bibliothécaire en chef.
 
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